Carmel et Visitation à l’époque de Sainte Thérèse

En août 1868, se produit l’arrivée de deux enfants d’Alençon : Marie et Pauline MARTIN. Leur mère, Zélie Guérin a une sœur à la Visitation du Mans. La famille MARTIN a été sans nul doute très marquée par l’esprit du grand Docteur de Genève : Saint François de Sales. Monsieur MARTIN possède un exemplaire de l’Introduction à la vie dévote de et sa belle-sœur, Marie-Louise Guérin – dite Elise – était entrée à la Visitation du Mans sous le nom de Sœur Marie-Dosithée.

La maman de Thérèse voue une profonde affection à sa sœur. La correspondante et le parloir du Mans deviennent le lieu de biens des confidences, Zélie ayant besoin de ce réconfort fraternel et des conseils de celle qu’elle appelait « la Sainte Fille »; Il est alors question de l’atelier de dentelle qui l’astreint à un rude travail, de la santé et de l’avenir des neuf enfants, dont quatre mourrons en bas-âge, de ses propres soucis liés à la maladie qui devait un jour l’emporter.

Est-il besoin de rappeler la vaillance de madame MARTIN qui ne s’appuie que sur le roc de sa foi et vit dans un abandon remarquable à la Providence divine ?

Les deux ainées, Marie et Pauline, bénéficient plusieurs années de la bonne éducation donnée par le pensionnat de la  Visitation du Mans, lien supplémentaire avec cette ville et la chère tante religieuse.

La troisième, Léonie, possède un caractère plus renfermée, plus difficile. Sœur Marie Dosithée a insisté pour qu’elle aussi vienne se former à son contact, mais l’enfant ne peut s’adapter à une classe normale et doit reprendre le chemin d’Alençon.

Céline eut bien sûr l’occasion de passer voir ses sœurs au Mans. Quant à la petite Thérèse, elle y est conduite alors qu’elle n’a que deux ans le 29 mars 1875, un lundi de Pâques.

Si le début de la visite se passe dans les larmes – peut-être dû à la fatigue ou la grande impression laissée par les hautes grilles en usage à l’époque – elle répond ensuite avec application à toutes les questions qui lui sont posées.

Sœur Marie-Dosithée, qui meurt en 1877, ne peut encore dans cette sage enfant, impressionnée par le parloir, percevoir la future Thérèse de l’Enfant Jésus.

 

Lettre de Zélie MARTIN à son frère qui parle de la visite du 29 mars 1875

J’oubliais de vous donner des nouvelles de ma sœur que je viens de voir. Elle se porte bien en ce moment. Je lui ai amené la petit Thérèse qui était très heureuse de partir en chemin de fer. Quand nous sommes arrivés au Mans, elle était fatiguée, elle a pleuré, mais elle est restée au parloir tout le temps, sage comme une grande fille. Cependant, je ne sais ce qu’elle avait : en y entrant son cœur était gros. Enfin, les larmes sont venues sans bruit, elle était suffoquée. J’ignore si ce sont les grilles qui lui ont fait peur. Après, tout a bien été. Elle répondait à toutes les questions, comme si elle avait passé un examen !

La Supérieure est venue la voir et lui a fait de petits cadeaux. Je lui ai dit : « Demande à la bonne Mère qu’elle les bénisse ». Mais elle n’a pas saisi et a repris : « Ma Mère, voulez-vous venir chez nous ? » Cela a fait rire tout le monde.

 

Soeur Marie-Dosithée donnait à ce propos ses impression à Mme Guérin, le 4 avril suivant

J’ai eu une belle petite visite le lundi de Pâques, à laquelle je ne m’attendais pas . Zélie m’a amené sa petit Thérèse, elle a pensé que ça me ferait plaisir de la voir. C’est une petite fille qui est très mignonne et d’une obéissance rare. http://www.centre-etoile.com/spirituel/ste-therese-et-la-famille-martin/Elle a fait tout ce qu’on lui a dit sans se faire prier et a été si tranquille qu’on l’aurait fait rester toute la journée ainsi, sans bouger. J’ai été bien contente de la voir.